Rtt : c’est quoi et comment ça marche en 2026

La RTT, ou réduction du temps de travail, est un dispositif qui permet aux salariés travaillant plus de 35 heures par semaine de bénéficier de journées ou demi-journées de repos supplémentaires. Instauré par les lois Aubry entre 1998 et 2000, ce mécanisme reste en 2026 un pilier de l’organisation du travail dans de nombreuses entreprises françaises. Pourtant, entre les règles d’acquisition, les méthodes de calcul et les possibilités de rachat, le fonctionnement des RTT reste parfois flou pour beaucoup de salariés et d’employeurs.

Dans ce guide, on vous explique concrètement ce que sont les RTT, qui peut en bénéficier, comment les calculer et quelles sont les options pour les jours non pris. Tout ce qu’il faut savoir pour y voir clair, que vous soyez salarié ou responsable RH.

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D’où viennent les rtt et pourquoi elles existent encore

L’origine : la réforme des 35 heures

Tout commence à la fin des années 1990. Le gouvernement de l’époque décide de réduire la durée légale du travail de 39 à 35 heures par semaine, avec un double objectif : favoriser l’emploi en répartissant mieux le volume de travail, et améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Les entreprises avaient alors deux choix. Certaines ont tout simplement réduit les horaires à 35 heures. D’autres ont préféré maintenir un rythme de travail entre 36 et 39 heures hebdomadaires, en compensant les heures excédentaires par des jours de repos supplémentaires. Ce sont ces fameux jours de RTT.

Un dispositif toujours en vigueur

Même s’il n’est plus possible de signer de nouveaux accords RTT depuis août 2008, les accords existants restent parfaitement valables tant qu’ils n’ont pas été dénoncés. Les entreprises créées après cette date peuvent quant à elles appliquer la convention collective ou l’accord de branche en vigueur dans leur secteur.

Concrètement, en 2026, des millions de salariés continuent de bénéficier de jours de RTT. Le dispositif n’a pas disparu : il a simplement évolué dans ses modalités d’application.

Qui a droit aux rtt

Tous les salariés ne bénéficient pas automatiquement de jours de RTT. L’éligibilité dépend de plusieurs facteurs liés au temps de travail effectif et au type de contrat.

Les salariés éligibles

Peuvent prétendre à des jours de RTT :

  • Les salariés à temps plein dont la durée de travail hebdomadaire dépasse 35 heures (entre 36 et 39 heures selon l’accord d’entreprise)
  • Les cadres au forfait jours qui travaillent au-delà de 218 jours par an
  • Les agents de la fonction publique dont le temps de travail excède les 35 heures, selon les règles propres à chaque administration
  • Les salariés en CDI ou CDD, dès lors que leur accord collectif le prévoit

Les profils exclus du dispositif

En revanche, certaines catégories ne sont généralement pas concernées :

  • Les salariés à temps partiel, puisque leur durée de travail est par définition inférieure à 35 heures
  • Les stagiaires, qui ne sont pas liés par un contrat de travail
  • Les salariés qui travaillent exactement 35 heures par semaine, sans dépassement

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Comment se calculent les jours de rtt

C’est souvent là que les choses se compliquent. Il existe deux grandes méthodes de calcul, et celle qui s’applique dépend de votre accord d’entreprise ou de votre convention collective.

Le calcul au réel (ou à l’acquisition)

Cette méthode consiste à comptabiliser chaque semaine les heures réellement effectuées au-delà des 35 heures. Chaque heure supplémentaire vient alimenter un compteur de RTT.

Exemple concret : un salarié qui travaille 39 heures par semaine accumule 4 heures supplémentaires chaque semaine. Sur un mois, cela représente environ 16 heures, soit l’équivalent de 2 jours de RTT (sur la base d’une journée de 8 heures).

Cette approche est précise mais demande un suivi rigoureux du temps de travail, semaine après semaine.

Le calcul au forfait (méthode annuelle)

Plus courante, cette méthode détermine en début d’année un nombre global de jours de RTT attribués au salarié. Elle est particulièrement utilisée pour les cadres au forfait jours.

La formule de calcul est la suivante :

Jours de RTT = jours calendaires − week-ends − congés payés − jours fériés (en semaine) − jours travaillés au forfait

Le cas concret de 2026

Pour un salarié en forfait 218 jours, voici le calcul :

  • 365 jours dans l’année
  • − 104 jours de week-end (samedis et dimanches)
  • − 25 jours de congés payés
  • − 9 jours fériés tombant en semaine
  • − 218 jours prévus au forfait

Résultat : 9 jours de RTT en 2026

C’est un jour de plus qu’en 2025, où le calcul ne donnait que 8 jours. La variation s’explique par le positionnement des jours fériés dans le calendrier.

À noter que les salariés travaillant en Alsace-Moselle bénéficient de 2 jours fériés supplémentaires (le Vendredi Saint et le 26 décembre), ce qui porte leur total à 11 jours de RTT en 2026.

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Rtt employeur et rtt salarié : quelle différence

Un point souvent méconnu : les jours de RTT ne sont pas tous gérés de la même manière. On distingue généralement deux catégories.

Les rtt à l’initiative de l’employeur

L’employeur peut imposer certaines dates de prise de RTT, à condition de respecter un délai de prévenance (souvent entre 7 et 15 jours selon l’accord). C’est fréquent pour les périodes de faible activité ou les ponts. La proportion de RTT « employeur » est généralement fixée à la moitié du total des jours acquis.

C’est aussi dans cette catégorie que la journée de solidarité est souvent déduite. Plutôt que de faire venir les salariés un jour férié supplémentaire, l’entreprise retire un jour du compteur RTT.

Les rtt à l’initiative du salarié

L’autre moitié des jours est libre de choix pour le salarié. Il peut poser ses RTT quand il le souhaite, sous réserve de la validation de son manager et du respect des règles internes. L’employeur peut toutefois refuser si l’absence est susceptible de désorganiser le service.

Rtt et congés payés : ne pas confondre

C’est une erreur courante, mais les RTT et les congés payés sont deux dispositifs bien distincts.

Congés payésRTT
Base légaleCode du travailAccord collectif ou convention
Acquisition2,5 jours par mois travailléLiée aux heures au-delà de 35h
UniversalitéTous les salariésUniquement ceux dépassant 35h
Arrêt maladieAcquisition maintenue depuis 2024Généralement pas d’acquisition

La principale différence réside dans le fait que les congés payés sont un droit fondamental accordé à tous, tandis que les RTT sont un mécanisme de compensation lié à un dépassement du temps de travail légal.

Que faire des rtt non pris

C’est une question qui revient chaque année à l’approche du 31 décembre. Et la réponse n’est pas toujours celle qu’on espère.

Le principe : les rtt non posés sont perdus

En règle générale, les jours de RTT non utilisés avant la fin de la période de référence (souvent l’année civile) sont définitivement perdus. Ils ne sont ni reportables ni indemnisables, sauf si l’accord d’entreprise prévoit le contraire, ou si c’est l’employeur qui a empêché le salarié de les prendre.

Le rachat de rtt (monétisation)

Bonne nouvelle : le dispositif de rachat des jours de RTT a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Concrètement, un salarié peut demander à son employeur de lui racheter ses jours non pris, en échange d’une rémunération majorée.

Les conditions à retenir :

  • La demande doit venir du salarié (jamais imposée par l’employeur)
  • L’employeur peut accepter ou refuser sans avoir à se justifier
  • La majoration est d’au moins 10 % (et jusqu’à 25 % selon l’accord applicable)
  • Les sommes perçues sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (plafond commun avec les heures supplémentaires)
  • Les cotisations salariales d’assurance vieillesse sont également réduites

Le compte épargne-temps

Une autre option consiste à affecter les RTT non pris sur un Compte Épargne-Temps (CET), quand l’entreprise en propose un. Les jours épargnés peuvent ensuite être utilisés pour un congé plus long ou convertis en rémunération, selon les conditions prévues par l’accord.

Le don de jours de repos

Depuis 2014, il est possible de faire don de ses RTT à un collègue dont un enfant est gravement malade ou qui exerce un rôle de proche aidant. Un geste de solidarité encadré par la loi.

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Rtt et départ de l’entreprise

En cas de rupture du contrat de travail, la question des RTT restants se pose. Et là encore, tout dépend de ce que prévoit votre accord.

Si les jours de RTT correspondent à des heures déjà travaillées et que le salarié n’a pas pu les poser, l’employeur doit généralement verser une indemnité compensatrice dans le solde de tout compte. En revanche, si l’accord ne prévoit rien, et si le salarié aurait pu les poser mais ne l’a pas fait, il risque de les perdre.

Le conseil : anticipez toujours la prise de vos RTT, en particulier en cas de préavis. C’est souvent pendant cette période que les RTT restants sont soldés, d’un commun accord avec l’employeur.

Comment bien gérer ses rtt au quotidien

Que vous soyez salarié ou responsable RH, une bonne gestion des RTT passe par quelques réflexes simples :

  • Consultez votre accord d’entreprise ou votre convention collective pour connaître précisément vos droits
  • Suivez votre compteur sur votre fiche de paie ou via l’outil RH de votre entreprise
  • Posez régulièrement vos jours pour éviter l’accumulation en fin d’année
  • Identifiez les ponts et jours fériés pour optimiser vos repos (en 2026, poser un RTT le vendredi 9 mai ou le vendredi 15 mai offre un week-end de 4 jours)
  • Renseignez-vous sur le rachat si vous préférez convertir vos RTT en rémunération

Pour les employeurs, un logiciel de gestion des congés ou un SIRH permet d’automatiser le suivi des compteurs, d’éviter les erreurs de calcul et d’offrir une visibilité claire à chaque collaborateur.

Ce qu’il faut retenir sur les rtt en 2026

Les RTT restent un dispositif central dans l’organisation du travail en France. En 2026, les salariés au forfait 218 jours bénéficient de 9 jours de RTT, et le rachat reste possible jusqu’à fin décembre avec des avantages fiscaux non négligeables. Que vous souhaitiez les poser pour profiter de temps libre, les monétiser pour améliorer votre pouvoir d’achat, ou les placer sur un CET, l’essentiel est de connaître vos droits et de ne pas laisser vos jours se perdre.

Franck MALARTO
Franck MALARTO

Expert en finance et passionné de stratégie business, j'ai passé 15 ans à décortiquer les rouages de l'entreprise avant de lancer laminute-entreprise.fr.

Mon objectif ? Transformer la complexité du monde des affaires, de l'emploi et de la formation en conseils clairs et actionnables. Ici, pas de blabla : je vous livre l'essentiel pour booster votre carrière, gérer votre entreprise et vos investissements.

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